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Grenoble peut-il un jour retrouver la Ligue 1 ?

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grenoble footballLa question peut paraître saugrenue et inadaptée à la morosité du contexte actuel (rappelons que le Grenoble Foot 38 végète en CFA depuis 3 saisons) mais elle vaut la peine d’être posée. Quels sont réellement les objectifs à moyen et long termes pour le club isérois ? La manne financière indispensable pour pérenniser un club dans les divisions d’élite européennes n’est-elle pas un frein trop important pour un petit club cherchant à faire son trou ?

Petit coup d’œil dans le rétro : en 2004, le club alors en L2 est racheté par Index Corporation, multinationale japonaise qui va bouleverser ses structures et sa direction. Sous son impulsion est inauguré le Stade des Alpes tandis que l’équipe parvient à décrocher la montée en Ligue 1 en 2008, un événement attendu depuis 45 ans.

Comme à son habitude et malgré une première saison convaincante, le club s’écroule et enchaîne un nombre record de défaites pour finalement terminer à la dernière place et retrouver sa bonne vieille L2. La saison suivante voit les principaux cadres quitter le navire et s’achève de manière encore plus piteuse que la précédente, lorsque le club dépose le bilan suite à d’importants problèmes financiers.

Les Japonais partis, le club contraint de redémarrer en CFA 2, des figures locales tentent de redresser la barre, parmi lesquelles Garcin, Fessler mais aussi Olivier Saragaglia. Celui-ci prend les rennes de l’équipe et réussit à bâtir à la hâte un effectif qui réussit à remonter en CFA. La suite, tous les supporters grenoblois la connaissent : le club rate à trois reprises la montée d’un cheveux, terminant troisième par deux fois et second la saison passée, à un petit point de Béziers. Saragaglia est remercié et Jean-Louis Garcia débarque au club avec comme unique mission de remonter en National. Parallèlement, des choix judicieux semblent être à l’œuvre avec l’arrivée d’un directeur sportif, le recrutement de joueurs aux CV intéressants comme M’Madi ou Aboulaye, sans oublier le prolongement de contrat d’Akrour qui malgré ses 41 ans a encore rendu de fiers services la saison passée. Au pire des cas, le buteur pourra servir de tuteur pour les jeunes, avant, peut-être, d’intégrer le staff dans les prochaines années.

Si la montée en National est l’objectif à court terme, qu’espérer pour les bleus et blancs dans le futur ? Tout le monde garde à l’esprit les nombreux effets d’annonce restés lettres mortes, comme les arrivées avortées d’Ilan en attaque ou de Sonny Anderson dans le staff. L’excès de confiance, sur le terrain comme en dehors, a contribué aux récents échecs grenoblois. Aujourd’hui et malgré les déconvenues, le climat semble apaisé et il convient à la direction comme aux supporters de garder la tête froide. Gageons que l’équipe apprenne de ses erreurs et aborde chaque match avec humilité, condition indispensable pour ne plus lâcher bêtement des points, notamment à l’extérieur. Tâchons également de ne plus évoquer la Ligue 1, souvenir déjà lointain qui agit davantage comme un fardeau que comme un moteur.

Historiquement, la place la plus conforme de Grenoble est d’ailleurs en L2 davantage qu’en L1. Retrouver le 2eme échelon dans les prochaines années serait déjà une belle avancée. La Ligue 1 doit rester la cerise sur le gâteau, l’idée qui trotte dans un coin de la tête mais que l’on évacue aussitôt. Certes, on peut arguer que la région dispose d’une forte attractivité touristique, d’un bassin de population prometteur et que le Stade des Alpes ne demande qu’à vibrer. Mais sans centre de formation digne de ce nom et sans un investisseur capable de faire passer un cap au club, eux aussi resteront comme des promesses sans lendemain.