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Grenoble, capitale de l’IA en France ?

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La France a récemment choisi le magazine américain Wired, un magazine spécialisé en high-tech, pour parler de la stratégie française en matière d’Intelligence Artificielle. En choisissant Wired comme tribune, Emmanuel Macron entendait faire passer un message à la communauté internationale : la France entend bien mettre en avant la qualité de ses chercheurs et de ses scientifiques pour être à la pointe dans le domaine de l’intelligence Artificielle. La France a en effet tous les atouts pour rivaliser sur le plan international, alors qu’il a quelques mois à peine, des entreprises comme Google ou Samsung envoyaient des signaux forts en annonçant le lancement de centres à Paris sur I’Intelligence Artificielle. 

Le 29 mars dernier, deux jours après la remise d’un rapport sur le sujet par le député et mathématicien, Cédric Villani, le Président a donné un discours sur la stratégie française dans le domaine de l’IA, annonçant un plan de 1,5 milliards d’euros et la création de plusieurs instituts interdisciplinaires d’Intelligence Artificielle dans des secteurs comme la santé et la mobilité.

Mais que contient ce rapport ? Le rapport Villani rassemble tout d’abord l’expertise de spécialistes et donne des axes pour orienter la stratégie nationale. Objectif : faire partie des pays leaders en la matière. Il aborde également les dangers de l’IA, notamment les problèmes éthiques posés par son utilisation et l’utilisation qui pourrait en être faite dans le futur. L’an dernier, Libratus l’emportait face à quatre joueurs de Texas Hold’em, l’une des variantes du poker, parmi les meilleurs au monde. Une première et une avancée importante qui va pouvoir être appliquée à d’autres secteurs, certains mettant déjà en garde contre une militarisation de l’IA par exemple. 

Selon Villani cependant, le premier danger tient au fait que « des entreprises étrangères pourraient aspirer notre potentiel de recherche », ce qui mettrait en péril la stratégie nationale. La France dispose en effet d’un énorme potentiel qui pourrait peut-être souffrir de la fuite des cerveaux et doit, en conséquence, se montrer attractive.

Grenoble a bien l’intention de jouer un rôle important dans ce projet, en accueillant l’un des instituts annoncés par le Président. La ville dispose en effet de nombreux atouts et compétences sur place : un Polygone Scientifique et de nombreux pôles de recherche dans des secteurs de pointe variés, des formations en l’IA dans les secteurs de la santé et de l’environnement (Grenoble IMP, Polytech etc), et une université labellisée IDEX (« Inititiatives d’Excellence »), un label dont seuls quelques dix sites universitaires en France bénéficient. Labellisée « French Tech », l’université bénéficie également d’une réelle expertise en matière numérique et entend soutenir « une révolution numérique au service des êtres humains et de la société ».

Grenoble peut aussi compter sur Enseignement Supérieur et une recherche dynamique, tournée sur le monde : il y a quelques années, Forbes classait Grenoble parmi les 5 villes les plus innovantes du monde. Les instituts de recherches internationaux, comme ESRF, ILL, EMBL, GHMLF, IRAM accueillent des étudiants et des chercheurs du monde entier avec une offre de des cours dispensés en anglais non négligeable et des accords avec 150 pays.

La ville cumule donc tous les atouts et a d’ailleurs été citée le 29 mars comme l’une des villes qui pourrait jouer le rôle de hub de recherche en IA dans les secteurs de la santé de l’environnement. Le programme lancé en France sera coordonné par l’INRIA (Institut National de la Recherche en Informatique et en Automatique) qui dispose de 6 unités de recherche en France, dont l’une se situe à Grenoble et travaille notamment sur des projets concernant les véhicules autonomes, l’un des piliers des secteurs de recherche sur l’IA. Autre signe fort, groupe sud-coréen Naver a repris l’an dernier le centre de recherche américain Xeros de Grenoble, spécialisé dans l’intelligence artificielle.

La dynamique est bien présente et l’ancien maire Alain Carignon, n’a d’ailleurs pas attendu le discours présidentiel pour appeler à faire de Grenoble « capitale de l’IA en France ».